{"id":603,"date":"2013-04-22T02:52:50","date_gmt":"2013-04-22T14:52:50","guid":{"rendered":"http:\/\/lakeivan.org\/wordpress\/?page_id=603"},"modified":"2013-04-22T02:52:50","modified_gmt":"2013-04-22T14:52:50","slug":"les-mots-en-tant-quoutils-pour-aider-a-ressentir","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/lakeivan.org\/wordpress\/french-test\/improvisation-technique-french\/les-mots-en-tant-quoutils-pour-aider-a-ressentir","title":{"rendered":"LES MOTS EN TANT QU\u2019OUTILS POUR AIDER A RESSENTIR"},"content":{"rendered":"<p>Je crois fermement que lorsque qu\u2019on joue une sc\u00e8ne de theatre improvis\u00e9e, la vraie sc\u00e8ne ne r\u00e9side pas dans les mots que l\u2019on dit. Ce qui la constitue vraiment, c\u2019est la structure sous-jacentes, c\u2019est le flux continu d\u2019\u00e9motions et d\u2019\u00e9nergie. Faire cette distinction a d\u2019importantes cons\u00e9quences sur la mani\u00e8re d\u2019aborder le travail.<\/p>\n<p>Quand je travaille avec des \u00e9l\u00e8ves d\u00e9butants, je leur fait toujours jouer des sc\u00e8nes sans paroles, seulement avec des sons, du charabia, avant de leur autoris\u00e9 \u00e0 la jouer avec de vrais mots. L\u2019id\u00e9e c\u2019est que quand ils jouent la sc\u00e8ne ils puissent percevoir que la trame de la sc\u00e8ne est un flux d\u2019\u00e9nergie continue, d\u2019\u00e9motions et de musicalit\u00e9 qui se trouvent en dessous du niveau des mots. Puisque dans mon groupe nous travaillons sous une forme abstraite on conceptualise habituellement ce flux par une structure musicale, mais on peut utiliser exactement la m\u00eame id\u00e9e dans une sc\u00e8ne narrative avec des personnages.<\/p>\n<p>L\u2019image que nous utilisons est que la sc\u00e8ne elle m\u00eame <em>est<\/em> ce flux d\u2019\u00e9nergie et d\u2019\u00e9motions. C\u2019est comme si elle existait d\u00e9j\u00e0 sous une forme parfaite et que le travail d\u2019un acteur est de d\u00e9couvrir quelle est cette forme en la ressentant. La ligne vocale des acteurs devient l\u2019outil utilis\u00e9 pour ressentir chaque moment du flux de cette sc\u00e8ne.<\/p>\n<p>La ligne vocale est une ligne continue de sons et de silences qui durent pendant la sc\u00e8ne. Il faut penser que les silences et les sons font partie d\u2019une ligne vocale continue tout comme les silences font parti d\u2019une ligne musicale dans une partition tout autant que les notes elles m\u00eame. Cela permettra de voir les lignes vocales comme <em>un outil<\/em> pour exp\u00e9rimenter chaque moment du flux de la sc\u00e8ne. Autrement dit : la voix n\u2019est pas un moyen d\u2019exprimer la sc\u00e8ne, de la communiquer, ce n\u2019est pas un moyen d\u2019en comprendre le sens ni de l\u2019expliquer au public. C\u2019est premi\u00e8rement un moyen pour l\u2019acteur de <em>ressentir<\/em> le flux de cette sc\u00e8ne. Puisque son but est de ressentir la sc\u00e8ne aussi pleinement que possible, en tant qu\u2019acteur, vous utiliserez la partie \u201cvocalis\u00e9e\u201d de votre ligne vocale chaque fois que \u00e7a vous permettra de ressentir le plus, et vous utiliserez les silences de votre ligne vocale d\u00e8s que les silences seront ce qui vous permettra de ressentir le plus. Mais a n\u2019importe quel moment vous effectuez toujours la m\u00eame tache : utiliser votre ligne vocale afin de ressentir le flux de la sc\u00e8ne au maximum possible.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019il s\u2019entra\u00eene \u00e0 jouer une sc\u00e8ne avec des sons non-verbaux l\u2019acteur, en g\u00e9n\u00e9ral, sait pertinemment dans son esprit quels mots il dirait si je lui permettais d\u2019y avoir recours. Ce n\u2019est pas un probl\u00e8me. A ce moment l\u00e0 je demande juste \u00e0 mes \u00e9l\u00e8ves de prononcer ces mots mais de mani\u00e8re vague, de ne pas les \u00e9noncer compl\u00e8tement et de ne pas les transformer en mots parfaitement articul\u00e9s mais de les laisser les sons sortir de mani\u00e8re indistincte et confuse. L\u2019id\u00e9e de cet exercice est de permettre a l\u2019\u00e9l\u00e8ve de v\u00e9rifier qu\u2019il est connect\u00e9 au flux \u00e9motionnel\/musical qui se trouve en-de\u00e7\u00e0 des mots, au lieu d\u2019\u00eatre dans la logique de \u201cce dont il parle \u00bb Ou bien dans les id\u00e9es qu\u2019il se fait de la sc\u00e8ne ou m\u00eame dans la repr\u00e9sentation visuelle qu\u2019il s\u2019en fait.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tape suivante dans cet entra\u00eenement consiste \u00e0 autoriser les \u00e9l\u00e8ves \u00e0 utiliser de vrais mots \u00e0 certains moments de la sc\u00e8ne en continuant \u00e0 utiliser des sons non-verbaux le reste du temps. Quand il utilise les mots, l\u2019\u00e9l\u00e8ve les consid\u00e9rera comme <em>un outil<\/em> pour ressentir le flux d\u2019\u00e9motions\/musicalit\u00e9 qui se trouve en-de\u00e7\u00e0. Dans cet exercice \u00e7a n\u2019a pas d\u2019importance si les mots ont du sens ou pas, s\u2019ils sont int\u00e9ressants ou ennuyeux, si l\u2019acteur pense que ce qu\u2019il dit est \u201cstupide\u201d ou \u201cmerveilleux\u201d, r\u00e9p\u00e9titif ou non, si l\u2019acteur utilise des phrases coh\u00e9rentes ou des fragments inintelligibles, si les mots d\u00e9crivent r\u00e9ellement quelque chose qui se passe dans l\u2019esprit de l\u2019acteur ou pas, si les mot ont un rapport avec quelque chose qu\u2019un autre acteur a d\u00e9j\u00e0 dit dans la sc\u00e8ne ou pas. Le but de l\u2019acteur est toujours de \u201cressentir le flux de la sc\u00e8ne aussi pleinement que possible a tout moment\u201d et donc il peut simplement utiliser n\u2019importe quel mot qui lui permet de ressentir ce flux aussi pleinement que possible. Tout comme avant, si le silence lui permet de ressentir plus d\u2019\u00e9motions \u00e0 un moment particulier, il faut qu\u2019il utilise son silence comme moyen de mieux ressentir le flux.<\/p>\n<p>En faisant cet exercice, l\u2019\u00e9l\u00e8ve mets en pratique l\u2019id\u00e9e que la trame de la sc\u00e8ne est l\u2019\u00e9nergie des sentiments sous-jacent, et <em>pas<\/em> la structure narrative ou intellectuelle du sujet dont l\u2019acteur parle.<\/p>\n<p>J\u2019utilise deux moyens diff\u00e9rents pour faire passer mes \u00e9l\u00e8ves des moments verbaux aux moments non-verbaux et inversement.. Dans la premi\u00e8re m\u00e9thode je regarde la sc\u00e8ne, et d\u00e8s que je sens que l\u2019\u00e9l\u00e8ve construit sa sc\u00e8ne en suivant la ligne verbale (ce dont il parle) et qu\u2019il a perdu sa connexion avec le flux sous-jacent d\u2019\u00e9nergie et d\u2019\u00e9motion, je dis \u201cpasse au non-verbal\u201d et il passera \u00e0 la vocalisation non-verbale. Si en effet il a perdu sa connexion avec le flux sous-jacent il y aura un d\u00e9calage audible quand il changera mentalement de vitesse et se re-connectera avec le flux d\u2019\u00e9motions. Ce d\u00e9calage sera un indice important, pour l\u2019\u00e9l\u00e8ve et pour moi. Quand je serais satisfait de la fa\u00e7on dont il aura r\u00e9tabli une forte connexion avec le flux je lui dirai \u201cr\u00e9-utilise de vrais mots\u201d et il retournera \u00e0 l\u2019usage de vrais mots.<\/p>\n<p>Dans la seconde m\u00e9thode l\u2019\u00e9l\u00e8ve lui m\u00eame d\u00e9cide quand basculer de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre. D\u00e8s qu\u2019il devient incertain de sa connexion au flux sous-jacent, il retournera \u00e0 l\u2019usage de vocalises non verbales, dans le but de v\u00e9rifier cette connexion. Quand il sera s\u00fbr que cette connexion est assez forte il retournera \u00e0 l\u2019usage de vrais mots.<\/p>\n<p>Au bout d\u2019un moment, l\u2019\u00e9l\u00e8ve sera entra\u00een\u00e9 \u00e0 toujours construire une sc\u00e8ne en suivant la partition des \u00e9motions et \u00e9nergies sous-jacentes, plut\u00f4t qu\u2019une partition simplement bas\u00e9e sur le sens de ce qu\u2019il dit. La simple menace que le directeur puisse dire \u201cn\u2019utilise plus de vrais mots\u201d \u00e0 tout moment est suffisante pour assurer qu\u2019il jouera d\u2019une telle mani\u00e8re qu\u2019il <em>pourra<\/em> passer au langage non verbal \u00e0 n\u2019importe quel moment, sans d\u00e9calage parce qu\u2019il se place <em>dans<\/em> le flux d\u2019\u00e9motions m\u00eame plut\u00f4t que <em>dans<\/em> le sujet verbal.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tape finale de l\u2019entra\u00eenement est, bien sur, de jouer une sc\u00e8ne enti\u00e8re en utilisant le langage verbal tout le long. Quand l\u2019\u00e9l\u00e8ve a appris \u00e0 construire une sc\u00e8ne en se fiant a la trame des \u00e9motions et \u00e9nergies sous-jacentes, et a <em>utiliser les mots<\/em> comme <em>outils<\/em> pour ressentir ce flux aussi pleinement que possible \u00e0 tout moment, il sera pr\u00eat \u00e0 rester \u201cverbal\u201d tout le long d\u2019une sc\u00e8ne. A ce stade, il d\u00e9couvrira s\u00fbrement qu\u2019il est beaucoup plus facile de jouer avec de vrais mots qu\u2019avec des vocalises non verbales. C\u2019est parce que, en tant qu\u2019outil pour entrer dans un \u00e9tat \u00e9motionnel, les mots ont beaucoup plus de pouvoir que les sons non verbaux parce qu\u2019ils \u00e9voquent des \u00e9tats \u00e9motionnels de mani\u00e8re beaucoup plus sp\u00e9cifique. Et c\u2019est pour cela que nous sommes avant tout int\u00e9ress\u00e9s par les sc\u00e8nes verbales.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je crois fermement que lorsque qu\u2019on joue une sc\u00e8ne de theatre improvis\u00e9e, la vraie sc\u00e8ne ne r\u00e9side pas dans les mots que l\u2019on dit. Ce qui la constitue vraiment, c\u2019est la structure sous-jacentes, c\u2019est le flux continu d\u2019\u00e9motions et d\u2019\u00e9nergie. Faire cette distinction a d\u2019importantes cons\u00e9quences sur la mani\u00e8re d\u2019aborder le travail. 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